Pride 2018 : Your local power ! Pour un service public communal contre les discriminations

Sexisme, LGBTQI-phobie, racisme, pour un service communal contre les discriminations

Cette année la Belgian Pride a fait de son thème central « Your local power » dans le cadre des élections communales du 14 octobre. Quelle programme politique pour nos communes, pour s’attaquer aux discriminations des LGBTQI+ ? A Bruxelles, la Rainbow House a développé à cette occasion une série de revendications[1]. La Belgian Pride est donc saisie pour interpeler sur les besoins en termes de lutte contre les discriminations et le rôle que peuvent jouer les autorités communales. Accueil, accompagnement, logements, pour Gauches Communes, la commune doit appliquer un plan radical d’investissements publics pour résoudre les besoins.

Un service public communal contre les discriminations

Que ce soit Vie Féminine à propos de l’accueil réservé aux femmes victime de violences[2], ou les associations LGBTQI+ concernant les agressions et les difficultés rencontrées par la communauté LGBTQI+ au quotidien, il y a un constat que les structures publiques ne sont pas préparées pour accueillir et accompagner. Dans nos communes, investir dans la formation des agents communaux aux procédures de plaintes, aux droits des victimes est crucial pour éviter la culpabilisation ou les rejets pur et simple des plaintes. Pour restaurer la confiance il faut investir les moyens nécessaires. Les zones de police sont par exemple pointées pour leur comportement et leurs infrastructures : méconnaissances des droits des victimes, minimisation des faits, absence de salle isolées pour prendre en charge les victimes qui doivent témoigner.

Les communes doivent investir dans la formation et la sensibilisation du personnel dans les services communaux et les zones de police dans lesquelles elle est impliquée. Nous pensons également que la commune pourrait mettre sur pied un service communal contre les discriminations. Au sein de la maison communal un nouveau service devrait être chargé d’accueillir les personnes victimes de discriminations sexistes, racistes ou LGBTQI-phobes. Cela nécessiterait d’embaucher du personnel, assistants sociaux, juristes, capable de se saisir des problèmes rencontrés, de renseigner sur les démarches possibles et d’accompagner dans ces démarches les personnes qui en ferait la demande. Ces travailleurs devraient être nommés pour assurer des bonnes conditions de travail et construire cette structure comme un réel service public et pas un bricolage temporaire. Un tel service communal pourrait être muni d’un service d’accueil 24h/24 pour éviter que des situations conflictuelles ne soient pas traitées trop tard ou simplement non traitées.

Un tel service communal serait l’outil pour coordonner la solidarité au quotidien contre les discriminations. Il travaillerait en lien avec les associations actives sur le terrain, pourrait orienter vers elles et travailler ensemble pour coordonner de la meilleure manière les objectifs de formation, sensibilisation, accompagnement.

Une campagne de sensibilisation dans les écoles communales pourrait ainsi être organisée à travers un tel service communal. Devrait alors être organisées des séances pour discuter les questions de genre sans se limiter à la famille hétérosexuelle traditionnelle mais en ouvrant le débat sur les différentes orientations sexuelles et les questions d’identité.

Refuge d’urgence et logements sociaux en suffisance

Les problèmes quotidiens ne seront pas résolus uniquement avec de l’accompagnement ou via la formation d’agent communaux. Si un service communal contre les discriminations n’a pas les structures matérielles présentes pour élaborer les solutions dans la commune, il risque de rapidement se retrouver incapable de changer fondamentalement les choses. Les pénuries de logements sociaux dans nos communes, le prix du marché immobilier locatif privé sont des freins qui ne permettent pas de construire des perspectives d’avenir stables et indépendantes.

Les violences conjugales, les jeunes mis à la porte après leur coming-out, ou encore les personnes qui doivent quitter leur domicile pour fuir une situation discriminante, ces situations doivent pousser la commune à développer le logement d’urgence pour garantir rapidement à chacun qui le demande une solution temporaire. Un tel premier refuge en Belgique va voir le jour en mai 2018 à Bruxelles ville avec 4 places et en vue d’en atteindre 50 d’ici la fin de l’année. Les besoins sont grands, en effet les associations LGBTQI+ explique qu’en moyenne il y a une demande par semaine faite par un jeune en situation d’exclusion.

Ce genre d’initiative devrait être étendue, la commune peut y jouer un rôle. La régie des logements communaux serait utilisée en lien avec le CPAS pour créer ces logements d’urgence en suffisance.

Ces solutions d’urgence doivent être couplées avec un plan d’augmentation massif de logements publics sociaux dans la commune. Le refuge temporaire doit pouvoir se prolonger dans l’octroi d’un logement social abordable. La lutte contre les discriminations est liée à la lutte pour un logement de qualité abordable pour chacun et chacune, mère isolée, jeunes, sans papiers, sans discrimination. Gauches Communes proposent de créer 3000 logements sociaux publics supplémentaires à Saint-Gilles pour résorber les listes d’attente à rallonge.

Des espaces publics dans les quartiers accessibles à tous et toutes

Les revendications des associations couvrent aussi des demandes au niveau culturel. Dans nos quartiers trop peu de structure sont disponibles pour les habitants pour les activités culturelles, les festivals thématiques, les rencontres entre habitants. Avec la commercialisation de l’espace public, les activités de loisirs, mais aussi les associations doivent se tourner vers le privé pour organiser un événement, ouvrir des locaux etc. Une commune peut ouvrir des bâtiments pour offrir des espaces gratuits, embaucher du personnel communal statutaire pour les gérer et les entretenir. La commercialisation des loisirs fait que pour les couches les plus précaires même boire un verre à prix démocratique devient inaccessible. De telles maisons de quartier pourraient jouer ce rôle et seraient aussi un outil pour pousser des campagnes de solidarité, rassembler la population et organiser débats et campagnes notamment contre les discriminations.

Un plan radical d’investissements publics

La solidarité avec la communauté LGBTGQI+ ne doit pas s’arrêter à la reconnaissance du mariage homosexuel. Gauches Communes défend un plan radical d’investissements publics pour les besoins de la population. La lutte contre les discriminations doit être liée à la lutte pour les moyens publics, contre les carcans austéritaires qui empêchent de construire et de financer une réponse collective aux pénuries. Les pénuries en logement, personnel, infrastructures, formation, aggravent les situations de précarité. Construisons un mouvement large dans nos communes, avec la population, pour arracher les moyens publics !

[1] Les Revendications du mouvement LGBTQI+, rainbowhouse.be : http://rainbowhouse.be/fr/article/les-revendications-politiques-du-mouvement-lgbtqi/

[2] Violences faites aux femmes, pourquoi la police doit jouer son rôle : http://engrenageinfernal.be/wp-content/uploads/2018/04/Etude2018_R%C3%B4lePoliceViolences.pdf

468 ad